Le Portrait DETourné de Carlos Martins, Head of Workplace Expérience & Innovation — Allianz France
Nouveau numéro de Portrait DETourné, le format d’interview vidéo qui souligne une facette personnelle et authentique des décideurs de l’environnement de travail, proposé par Républik Workplace Le Média. Cet épisode est consacré à Carlos Martins, Head of Workplace Expérience & Innovation chez Allianz France.
Nouvel épisode de la série Portrait DETourné, format décalé centré sur des questions originales réalisé par Républik Workplace Le Média.
Ce deuxième numéro dresse le portrait de Carlos Martins Head of Workplace Expérience & Innovation chez Allianz France. L’occasion pour lui de partager une de ses références culturelles et ses réflexions personnelles sur l’avenir des environnements de travail. Un regard pertinent puisqu’il accompagne depuis dix ans différents programmes de transformation et d’innovation au sein d’Allianz et de ses 11 sites en France (140 000 m²).
Dans quel univers de fiction aimerais tu travailler ?
Le Covid nous a appris une chose, que nous savions peut-être, mais qui est devenue certaine, c’est qu’avec un peu de Wi-Fi, un ordinateur portable, un Drive et un Zoom, on peut travailler de n’importe où et avec n’importe qui. Les collaborateurs ont vite compris ce phénomène et se sont dit qu’ils aimeraient bien pouvoir continuer à faire ça, parce que ça leur permet d’éviter des transports et d’avoir un meilleur équilibre vie pro vie perso. Puis de l’autre côté, les entreprises ont aussi compris l’opportunité, parce que c’est une façon de rationaliser leurs espaces. Et donc, on s’est tous mis d’accord finalement sur du télétravail.
Mon rêve finalement, ce serait qu’à l’instar du 20e siècle, où une entreprise américaine qui s’appelle Microsoft a inventé Windows, Teams qui ouvre des petites fenêtres, ce serait que dans un futur, qui je pense on peut atteindre, on ait une entreprise européenne qui invente non pas Windows, mais Gates. Petit clin d’œil à Bill (Gates), mais surtout à Stargate en fait, qui m’ouvrirait, sur mon ordinateur, une porte qui me permette de me téléporter là où je dois aller. Et je me rêve finalement à dire, là je suis chez moi, je mets ma machine en route pour la lessive, la seconde d’après, je suis dans une salle de bureau avec tous mes collègues pour pouvoir discuter. J’ai fini ma réunion, je reviens pour étendre le linge. J’ai un déjeuner, je repars par la Gate ! La magie de cet environnement de travail serait d’annuler fondamentalement ce qui pose aujourd’hui un problème pour que les collaborateurs reviennent facilement au bureau, c’est le trajet domicile-travail qui occupe du temps, qui est parfois un peu fastidieux et qui finalement me pousse, voire m’oblige à m’organiser parce que je ne peux pas être à deux endroits en même temps.
Quel est l’objet le plus insolite que tu as sur ton bureau ?
Aujourd’hui, une bonne partie de mon bureau, c’est mon ordinateur. Je ne suis pas le seul d’ailleurs ! Je pense que ça devient vraiment notre bureau parce qu’on le balade partout et on peut travailler de partout. J’ai installé un petit support sur mon écran qui me permet de mettre mon téléphone portable à côté de mon écran. Ça me permet de le charger, mais surtout, ça me permet d’avoir deux écrans. J’élargis mon écran d’ordinateur grâce à ce petit écran à côté, qui me permet éventuellement, quand on est en Teams, quand je diffuse quelque chose, d’avoir un retour de ce que je présente, d’avoir la tête des collaborateurs, ce qui n’est pas toujours évident lorsqu’on partage des documents. Mais aussi, cela me permet, quand je suis dans le train ou dans un coworking, de mettre des photos de mes filles et finalement d’avoir un petit univers un peu cocon. Et cela me fait penser que si les environnements de travail ont beaucoup évolué durant ces dernières années, une chose reste assez statique : le poste de travail.
À côté de ça, je vois de plus en plus évoluer justement ce matériel. On commence à voir poindre notamment des lunettes qui me permettent de me reconstituer mon espace de travail. Ce qui est intéressant pour nous, c’est d’imaginer quel impact ce genre de matériel demain va avoir sur nos environnements de travail. Aujourd’hui, en moyenne, 40 à 50 % de nos espaces de travail sont occupés par des open spaces. Imaginez que demain, ces matériels-là évoluent et me permettent encore de faire évoluer ces immenses open spaces. Pour nous, directeurs des environnements de travail, c’est deux conséquences, c’est-à-dire de les repenser pour que justement on intègre ces nouvelles façons et ces nouveaux matériels, mais aussi c’est potentiellement une opportunité encore d’optimiser nos espaces de travail.
À quoi ressemblerait ton workplace idéal en 2050 ?
Si je me place dans le point de vue du directeur de l’environnement de travail, pour moi, l’avenir de mon espace, en tout cas celui que j’aimerais avoir, c’est un espace complètement connecté avec des capteurs et complètement managé par de l’IA afin d’optimiser complètement son usage, ses émissions de carbone, sa consommation, etc.
Si je me place du côté du collaborateur, je voudrais craquer deux sujets qui nous posent un problème vis-à-vis de l’environnement de travail. Le premier, c’est celui de la déconnexion entre les espaces physiques et les espaces virtuels. L’expérience aujourd’hui de Teams est assez pauvre, parce que quand on va se quitter, je ne vais pas avoir une vision globale de ce qui se passe dans mon bureau. Les espaces de travail virtuel permettent cela : d’avoir des interactions au travers des avatars, de voir ce qui se passe dans un bureau parce qu’on voit des personnages qui bougent et permettent finalement d’avoir les mêmes réflexes dans le monde physique et dans le monde numérique.
Le deuxième point que je voudrais craquer, c’est l’expérience dans nos salles de réunion. C’est très compliqué et on a beau mettre beaucoup de moyens avec des caméras, de l’IA pour faire de la régie, l’expérience aujourd’hui n’est pas bonne. Cependant, pour avoir testé Workroom Horizons de chez Meta avec un casque de réalité virtuelle, il y a des moments où il remplit complètement son office, c’est-à-dire de se mettre dans un espace immersif, de voir les autres, de pouvoir bouger, de pouvoir avoir le sentiment que nous sommes au même endroit de nouveau et de vivre la même expérience. C’est ça qui est important, en fait. Et je pense qu’on devrait pouvoir utiliser des espaces de réunion avec ce genre de matériel à l’avenir.
Quel serait le slogan publicitaire de ton équipe ?
Il y a un slogan qui me va assez bien et qui va assez bien à mon équipe, c’est « Ce qui nous rassemble ». Je trouve que c’est assez emblématique de deux choses. La première, c’est que mes équipes sont complètement alignées et focalisées pour apporter la meilleure expérience possible aux collaborateurs. C’est vraiment quelque chose qui nous rassemble et ce n’est pas quelque chose de simple, vraiment, ça leur demande beaucoup de temps, beaucoup d’énergie et beaucoup d’investissement. Je les remercie tous les jours pour ça, parce que c’est un métier qui est compliqué.
L’autre chose qui me semble être intéressante, c’est que « ce qui nous rassemble », c’est finalement l’objectif de nos espaces de travail, qui doivent permettre à nos collaborateurs de vivre une expérience collective, des moments de partage. Dans un monde qui tend de plus en plus à fractionner les choses, à les séparer, je trouve que l’entreprise joue un vrai rôle de rassemblement et le bureau doit être aussi ce qui nous rassemble.
Tu préfères… une souris qui double-clique toute seule ou une barre d’espace qui ne fonctionne pas ?
En ce qui me concerne, je pense que je peux faire fi de la barre d’espace. La souris, c’est vraiment un prolongement de ma main aujourd’hui. En outre, je parle de plus en plus à mon ordinateur et à mon téléphone et parfois il écrit sans même que j’ai à utiliser le clavier. Donc j’opterais plutôt pour la barre d’espace qui dysfonctionne, parce que je pense qu’assez rapidement, je vais pouvoir s’en passer.